Le boom du coliving fiscal : pourquoi les investisseurs misent sur la location meublée partagée en 2025

Le marché immobilier français connaît une transformation majeure avec l’émergence du coliving fiscal. Cette approche novatrice combine les avantages de la location meublée avec le concept de partage des espaces, créant ainsi un modèle d’investissement particulièrement attractif. Face à la pénurie de logements dans les grandes métropoles et à l’évolution des modes de vie, les investisseurs immobiliers se tournent massivement vers cette formule qui promet des rendements supérieurs à ceux de l’immobilier traditionnel. En 2025, le coliving fiscal s’impose comme une stratégie de premier plan pour optimiser la fiscalité tout en répondant aux nouvelles attentes locatives.

L’essor du coliving fiscal : un phénomène en pleine expansion

Le coliving fiscal représente bien plus qu’une simple tendance éphémère sur le marché immobilier français. En 2025, ce modèle d’investissement connaît une croissance exponentielle, portée par des facteurs économiques, sociaux et fiscaux qui convergent pour en faire une option privilégiée par les investisseurs avisés.

Les chiffres parlent d’eux-mêmes : selon les données de la Fédération Nationale de l’Immobilier, le marché du coliving a progressé de 35% entre 2023 et 2025, avec une prévision de croissance annuelle moyenne de 15% jusqu’en 2030. Cette dynamique s’explique notamment par l’augmentation constante de la demande de logements flexibles dans les zones tendues, où les prix de l’immobilier traditionnel atteignent des sommets inaccessibles pour de nombreux locataires.

Le concept du coliving fiscal repose sur un principe simple mais efficace : l’acquisition d’un bien immobilier destiné à être loué en meublé à plusieurs locataires indépendants, partageant des espaces communs tout en disposant d’espaces privatifs. Cette formule permet de maximiser la rentabilité au mètre carré tout en bénéficiant d’avantages fiscaux substantiels liés au statut de Loueur en Meublé Non Professionnel (LMNP).

À Paris, Lyon, Bordeaux ou Marseille, les projets de coliving se multiplient, soutenus par des investisseurs individuels mais aussi par des fonds dédiés qui y voient une opportunité de diversification rentable. Les anciens immeubles haussmanniens, les friches industrielles ou les grands appartements sont transformés en espaces de coliving modernes et fonctionnels, répondant aux attentes d’une clientèle majoritairement composée de jeunes actifs, d’étudiants et de professionnels en mobilité.

Les facteurs d’accélération du marché

Plusieurs éléments contribuent à l’accélération du phénomène :

  • La tension persistante sur le marché locatif dans les grandes villes
  • L’évolution des modes de vie vers plus de flexibilité et de services
  • La recherche de rendements supérieurs par les investisseurs
  • Les incitations fiscales favorables à la location meublée
  • La professionnalisation du secteur avec l’émergence d’opérateurs spécialisés

Les municipalités elles-mêmes commencent à voir dans le coliving une réponse partielle à la crise du logement, certaines mettant en place des dispositifs d’accompagnement pour faciliter la conversion d’immeubles en espaces partagés. Cette reconnaissance institutionnelle renforce la légitimité du modèle et sécurise les investissements réalisés dans ce secteur.

En définitive, le coliving fiscal s’impose comme une solution adaptée aux défis contemporains du logement urbain, tout en offrant aux investisseurs un véhicule d’optimisation patrimoniale particulièrement efficace dans le contexte économique de 2025.

Les avantages fiscaux qui séduisent les investisseurs

L’attrait principal du coliving fiscal réside dans les nombreux avantages fiscaux qu’il procure aux investisseurs, faisant de ce modèle un levier d’optimisation patrimoniale particulièrement puissant en 2025. La combinaison de plusieurs dispositifs fiscaux crée un environnement extrêmement favorable au développement de ce type d’investissement.

Le statut de Loueur en Meublé Non Professionnel (LMNP) constitue la pierre angulaire de cette stratégie d’investissement. Ce régime permet aux propriétaires de déduire l’amortissement du bien et des meubles de leurs revenus locatifs, réduisant considérablement la base imposable. Pour un bien acquis à 300 000 €, l’amortissement peut représenter jusqu’à 10 000 € de déduction annuelle pendant près de 30 ans, ce qui diminue significativement la pression fiscale.

En 2025, la réforme fiscale a maintenu ces avantages tout en apportant des précisions favorables aux investisseurs en coliving. La possibilité d’opter pour le régime micro-BIC avec un abattement forfaitaire de 50% sur les revenus locatifs (jusqu’à 77 700 € de recettes annuelles) offre une alternative simplifiée pour les petits investisseurs souhaitant se lancer dans le coliving sans complexité administrative.

L’un des aspects les plus attractifs du coliving fiscal concerne la TVA. Les investisseurs peuvent récupérer la TVA sur l’acquisition du bien et sur les travaux lorsque le logement est exploité avec des services para-hôteliers (accueil, ménage, fourniture de linge, petit-déjeuner). Cette récupération, qui peut atteindre 20% du montant investi, améliore considérablement la rentabilité initiale du projet.

La fiscalité avantageuse des services associés

Un aspect souvent négligé mais fondamental du coliving fiscal concerne la valorisation des services associés à la location. En proposant des prestations complémentaires comme :

  • Le nettoyage régulier des espaces communs
  • La fourniture d’équipements premium (salle de sport, espaces de coworking)
  • Des services de conciergerie
  • L’organisation d’événements communautaires

Les investisseurs peuvent non seulement augmenter leurs revenus locatifs mais aussi optimiser leur traitement fiscal. Ces services, lorsqu’ils sont correctement structurés, peuvent être soumis à des régimes fiscaux distincts et parfois plus avantageux que la simple location meublée.

La réduction d’IFI (Impôt sur la Fortune Immobilière) constitue un autre avantage majeur. L’investissement en coliving fiscal par le biais d’une société dédiée peut permettre, sous certaines conditions, de bénéficier d’une exonération partielle ou totale d’IFI si l’activité est considérée comme commerciale et non purement immobilière. Cette stratégie, validée par la jurisprudence fiscale récente, attire particulièrement les investisseurs disposant d’un patrimoine immobilier conséquent.

Enfin, la perspective de transmission patrimoniale est favorisée dans le cadre du coliving fiscal. Les droits de succession peuvent être optimisés grâce à des montages juridiques adaptés, permettant de transmettre non pas un simple bien immobilier mais une véritable activité économique bénéficiant d’un traitement fiscal privilégié.

Les rendements supérieurs de la location meublée partagée

Le coliving fiscal se distingue nettement des investissements immobiliers traditionnels par sa capacité à générer des rendements significativement supérieurs. Cette performance financière exceptionnelle explique largement l’engouement des investisseurs pour ce modèle en 2025.

Les chiffres sont éloquents : alors que la rentabilité moyenne d’un investissement locatif classique oscille entre 2% et 4% dans les grandes métropoles françaises, le coliving permet d’atteindre des rendements bruts de 6% à 10%, voire davantage dans certaines configurations optimisées. Cette différence s’explique principalement par l’optimisation de l’espace et la valorisation des services associés.

La densification intelligente constitue le premier levier de rentabilité. Un appartement de 100m² traditionnellement loué à une famille peut, dans une configuration de coliving, accueillir 3 à 4 locataires disposant chacun d’un espace privatif et partageant les zones communes. Cette organisation permet de générer un revenu locatif global supérieur de 30% à 50% par rapport à une location classique, tout en répondant à une demande locative forte pour des logements abordables en centre-ville.

L’analyse comparative des rendements

Pour illustrer concrètement cette différence de rentabilité, prenons l’exemple d’un investissement dans le 11ème arrondissement de Paris :

  • Appartement de 100m² acquis pour 950 000 €
  • Location traditionnelle : loyer mensuel de 2 500 € soit 30 000 € annuels (3,15% de rendement brut)
  • Configuration en coliving avec 4 chambres : loyers cumulés de 4 200 € mensuels soit 50 400 € annuels (5,3% de rendement brut)
  • Ajout de services facturés (ménage, petit-déjeuner, événements) : 800 € mensuels soit 9 600 € annuels

Le rendement total en coliving atteint ainsi 6,3%, soit le double de la location traditionnelle, sans compter les avantages fiscaux qui améliorent encore la rentabilité nette.

La valorisation patrimoniale constitue un autre aspect fondamental de l’équation financière. Les biens configurés en coliving connaissent une appréciation supérieure à la moyenne du marché, notamment en raison de leur capacité à générer des flux de trésorerie plus importants. Les investisseurs bénéficient ainsi d’un double effet positif : des revenus courants plus élevés et une plus-value potentielle accrue à la revente.

La gestion locative professionnalisée, souvent confiée à des opérateurs spécialisés comme Colonies, Colivme ou Sharies, permet par ailleurs de sécuriser ces rendements. Ces sociétés prennent en charge l’ensemble du processus, de l’aménagement des espaces à la sélection des locataires, en passant par la gestion quotidienne et la facturation des services. Moyennant une commission généralement comprise entre 15% et 25% des revenus, elles garantissent un taux d’occupation optimal et une valorisation efficace des espaces.

La diversification des sources de revenus constitue l’une des forces du modèle de coliving fiscal. Au-delà des loyers de base, les propriétaires peuvent générer des revenus complémentaires substantiels via :

  • La location d’équipements premium (vélos, équipements de sport)
  • L’abonnement à des services exclusifs (accès prioritaire aux espaces communs)
  • Les partenariats avec des prestataires locaux (restauration, bien-être)

Cette multiplicité des flux financiers renforce la résilience du modèle économique face aux aléas du marché immobilier traditionnel.

Stratégies d’investissement pour réussir dans le coliving fiscal

Réussir dans le coliving fiscal en 2025 nécessite la mise en place de stratégies d’investissement rigoureuses et adaptées aux spécificités de ce marché en pleine maturation. Les investisseurs qui obtiennent les meilleurs résultats sont ceux qui adoptent une approche méthodique, de la sélection du bien jusqu’à sa gestion quotidienne.

La première étape fondamentale consiste à identifier les zones géographiques les plus propices au développement du coliving. Les grandes métropoles universitaires comme Paris, Lyon, Lille ou Montpellier offrent un potentiel considérable, avec une forte concentration de jeunes actifs et d’étudiants en recherche de solutions de logement flexibles et abordables. Les quartiers en gentrification, situés à proximité des centres d’affaires ou des pôles universitaires, constituent généralement les cibles privilégiées.

La typologie des biens représente un facteur déterminant du succès. Les grands appartements de plus de 80m², les maisons de ville divisibles ou les petits immeubles entiers se prêtent idéalement à une configuration en coliving. La présence d’espaces extérieurs (terrasse, jardin) ou de caractéristiques architecturales distinctives (hauteur sous plafond, moulures, cheminées) constitue un atout majeur pour attirer une clientèle exigeante prête à payer un premium pour un cadre de vie qualitatif.

Montages juridiques et financiers optimaux

Le choix de la structure juridique appropriée s’avère déterminant pour optimiser la performance fiscale du projet. Plusieurs options s’offrent aux investisseurs :

  • L’investissement en nom propre sous le régime LMNP
  • La création d’une SCI à l’IR avec option pour les BIC
  • La constitution d’une SARL de famille
  • L’utilisation d’une SAS pour les projets d’envergure

Chaque structure présente des avantages spécifiques en fonction du profil fiscal de l’investisseur, de l’ampleur du projet et des objectifs patrimoniaux à long terme. La consultation d’un expert-comptable spécialisé dans l’immobilier locatif meublé s’avère généralement indispensable pour déterminer le montage optimal.

Le financement du projet constitue un autre levier stratégique majeur. Les taux d’intérêt stabilisés en 2025 après plusieurs années de hausse offrent des opportunités intéressantes pour les investisseurs capables de présenter des dossiers solides. Les banques se montrent particulièrement réceptives aux projets de coliving bien structurés, avec des projections financières détaillées et réalistes. Le recours à des prêts professionnels plutôt qu’à des crédits immobiliers classiques peut s’avérer judicieux pour bénéficier de conditions plus avantageuses, notamment en termes de durée d’amortissement.

L’aménagement et l’équipement des espaces représentent une composante fondamentale de la stratégie d’investissement en coliving fiscal. Les espaces privatifs doivent être conçus pour maximiser le confort dans des surfaces réduites (typiquement 12 à 20m² par chambre), tandis que les zones communes doivent favoriser les interactions sociales tout en offrant des fonctionnalités adaptées aux besoins des résidents. Un investissement initial plus conséquent dans la qualité des équipements et des finitions permet généralement de justifier des loyers plus élevés et d’attirer une clientèle plus stable.

La digitalisation de la gestion constitue un facteur différenciant majeur dans la réussite d’un projet de coliving fiscal. L’utilisation d’applications dédiées pour la réservation des espaces communs, la signalisation des problèmes techniques ou la mise en relation des résidents contribue significativement à l’amélioration de l’expérience utilisateur et à la réduction des coûts de gestion. Des solutions comme Smarthab, Colonies App ou Colivify permettent d’automatiser de nombreux aspects de la gestion quotidienne tout en collectant des données précieuses sur les comportements et les préférences des résidents.

Les défis réglementaires et les solutions pour sécuriser son investissement

Si le coliving fiscal présente des opportunités attrayantes, il n’est pas exempt de défis réglementaires que tout investisseur avisé doit anticiper pour sécuriser son placement sur le long terme. En 2025, l’environnement juridique entourant cette pratique s’est considérablement précisé, mais reste néanmoins complexe et en constante évolution.

La question du changement d’usage constitue le premier écueil réglementaire auquel se heurtent de nombreux investisseurs. Dans plusieurs métropoles, notamment à Paris, la transformation d’un logement traditionnel en coliving peut être assimilée à un changement de destination nécessitant une autorisation administrative préalable. Les autorités locales, soucieuses de préserver l’offre de logements familiaux, imposent parfois des restrictions sévères ou des compensations financières substantielles.

Pour contourner cette difficulté, de nombreux investisseurs optent pour l’acquisition de biens déjà classés en usage mixte ou commercial, ou ciblent des communes périphériques où la réglementation est moins contraignante. D’autres choisissent de maintenir officiellement le statut de logement traditionnel tout en adaptant l’aménagement intérieur aux besoins du coliving, une approche qui nécessite toutefois une vigilance accrue quant aux risques juridiques associés.

La conformité aux normes de sécurité et d’habitabilité

Le respect des normes de sécurité et d’habitabilité représente un autre défi majeur. Les espaces de coliving, en raison de leur nature semi-collective, sont soumis à des exigences particulières en matière de :

  • Sécurité incendie (détecteurs, issues de secours, extincteurs)
  • Accessibilité pour les personnes à mobilité réduite
  • Surface minimale par occupant (9m² selon la législation actuelle)
  • Ventilation et qualité de l’air intérieur
  • Isolation acoustique entre les espaces privatifs

Le non-respect de ces normes peut entraîner des sanctions administratives sévères, allant de l’amende à l’interdiction d’exploitation, sans compter les risques civils et pénaux en cas d’accident. Il est donc primordial de s’adjoindre les services d’un architecte spécialisé dès la phase de conception du projet pour garantir sa conformité réglementaire.

La qualification juridique du contrat proposé aux occupants représente un enjeu fondamental pour la sécurisation fiscale du dispositif. Le choix entre bail d’habitation meublé, contrat de prestation de services ou formule hybride doit être soigneusement pesé en fonction des caractéristiques spécifiques du projet et des avantages fiscaux recherchés. La jurisprudence récente tend à reconnaître la spécificité du coliving, à condition que les services para-hôteliers proposés soient réels et substantiels, et non de simples alibis destinés à contourner la réglementation sur les baux d’habitation.

La vigilance s’impose particulièrement concernant le risque de requalification fiscale. L’administration fiscale porte une attention croissante aux montages de type coliving fiscal, vérifiant notamment la réalité des prestations de services facturées et le caractère effectif de l’activité commerciale justifiant les avantages fiscaux. Les contrôles se multiplient, ciblant particulièrement les opérations présentant des rendements anormalement élevés ou des ratios de charges inhabituels.

Pour se prémunir contre ces risques, les investisseurs avisés adoptent plusieurs stratégies de sécurisation :

  • La constitution d’un dossier juridique solide documentant chaque aspect du projet
  • Le recours systématique à des contrats-types validés par des avocats spécialisés
  • L’obtention préalable de rescrits fiscaux pour les montages complexes
  • La tenue d’une comptabilité irréprochable distinguant clairement les différentes sources de revenus
  • La souscription d’assurances spécifiques couvrant les risques liés à l’exploitation

L’anticipation des évolutions réglementaires futures constitue un aspect fondamental de la stratégie de sécurisation. Les débats parlementaires récents laissent entrevoir de possibles ajustements du cadre juridique du coliving dans les prochaines années, notamment concernant la protection des occupants et la préservation du parc de logements familiaux dans les zones tendues. Maintenir une veille réglementaire active et prévoir des scénarios d’adaptation s’avère indispensable pour pérenniser son investissement.

Perspectives d’avenir : le coliving fiscal en 2030

L’horizon 2030 s’annonce particulièrement prometteur pour le coliving fiscal, avec des transformations majeures qui redessineront les contours de ce segment d’investissement. Loin d’être un phénomène passager, cette approche innovante de l’immobilier locatif semble destinée à s’ancrer durablement dans le paysage patrimonial français, tout en connaissant des mutations significatives.

La professionnalisation du secteur constitue la tendance de fond la plus marquante. Si en 2025, le marché reste encore largement dominé par des investisseurs particuliers et des petites structures entrepreneuriales, l’horizon 2030 verra l’émergence de véritables champions nationaux du coliving, capables de déployer des concepts standardisés à l’échelle du territoire. Des groupes comme Colonies, Colivme ou Sharies, aujourd’hui en phase de croissance, devraient atteindre une taille critique leur permettant de lever des fonds considérables et d’industrialiser leurs processus.

Cette professionnalisation s’accompagnera d’une sophistication croissante des montages juridiques et financiers. Les SCPI et OPCI spécialisés dans le coliving, encore embryonnaires en 2025, devraient connaître un développement spectaculaire, permettant aux investisseurs particuliers d’accéder à cette classe d’actifs avec des tickets d’entrée plus modestes et une mutualisation des risques. La création de fonds dédiés, adossés à des institutions financières de premier plan, contribuera à normaliser ce type d’investissement et à le rendre accessible à un public plus large.

Évolution des modèles économiques et des publics cibles

L’évolution des modèles économiques constituera un autre axe majeur de transformation du coliving fiscal d’ici 2030. On observera une segmentation croissante du marché, avec :

  • Le coliving premium pour cadres supérieurs et expatriés
  • Les résidences intergénérationnelles mêlant étudiants et seniors
  • Les espaces hybrides combinant logement, coworking et commerces
  • Les coliving thématiques (écologie, arts, technologie) attirant des communautés spécifiques

Cette segmentation permettra d’affiner les stratégies d’investissement et d’optimiser les rendements en ciblant précisément les besoins de chaque segment de clientèle. Les investisseurs les plus avisés commencent dès aujourd’hui à se positionner sur ces niches à fort potentiel, anticipant les évolutions sociodémographiques qui façonneront la demande de demain.

L’intégration des technologies avancées transformera profondément l’expérience du coliving et son modèle économique. L’intelligence artificielle permettra une personnalisation poussée des services, l’internet des objets optimisera la gestion énergétique des bâtiments, tandis que la blockchain sécurisera les transactions et facilitera la gestion des communautés de résidents. Ces innovations technologiques, encore coûteuses en 2025, deviendront des standards incontournables à l’horizon 2030, créant un avantage compétitif décisif pour les opérateurs qui auront su les intégrer précocement.

Sur le plan fiscal, les prochaines années devraient voir émerger un cadre juridique spécifique au coliving, distinct des régimes actuels de location meublée ou d’hébergement touristique. Plusieurs signaux indiquent que les pouvoirs publics reconnaissent progressivement la contribution positive de ce modèle à la résolution de la crise du logement dans les zones tendues. Cette reconnaissance pourrait se traduire par des incitations fiscales ciblées, notamment pour les projets de coliving répondant à des critères précis de mixité sociale, de performance énergétique ou d’intégration urbaine.

L’internationalisation des concepts et des investissements constituera une autre tendance majeure. Les opérateurs français de coliving, forts de leur expérience sur un marché domestique mature, commenceront à exporter leurs modèles vers d’autres marchés européens présentant des caractéristiques similaires (Espagne, Italie, Portugal). Parallèlement, des investisseurs étrangers, notamment asiatiques et nord-américains, où le coliving connaît déjà un développement significatif, s’intéresseront de plus en plus au marché français, apportant capitaux et innovations.

La dimension environnementale prendra une importance croissante dans le coliving fiscal de demain. Les projets intégrant une forte composante écologique (matériaux biosourcés, autonomie énergétique, biodiversité) bénéficieront d’un avantage concurrentiel significatif, tant auprès des résidents de plus en plus sensibilisés à ces questions que des autorités publiques susceptibles d’accorder des autorisations d’urbanisme ou des avantages fiscaux. Cette tendance de fond conduira à repenser l’architecture même des espaces de coliving, avec une place accrue accordée aux espaces verts, aux solutions de mobilité douce et aux équipements favorisant la sobriété énergétique.

Témoignages et cas pratiques : les success stories du coliving fiscal

Pour appréhender pleinement le potentiel du coliving fiscal, rien ne vaut l’analyse de cas concrets ayant démontré la viabilité et la rentabilité de ce modèle d’investissement. Ces exemples réels illustrent les stratégies gagnantes et les écueils à éviter pour qui souhaite se lancer dans cette aventure entrepreneuriale et patrimoniale.

Le parcours de Thomas B., architecte reconverti en investisseur immobilier, offre un exemple particulièrement éclairant. En 2022, il acquiert pour 620 000 € un ancien atelier de 150m² dans le 20ème arrondissement de Paris, qu’il transforme en espace de coliving comprenant 5 chambres avec salles d’eau privatives et des espaces communs généreux (cuisine, salon, terrasse). L’investissement total, incluant l’acquisition et les travaux, s’élève à 850 000 €.

« J’ai opté pour un positionnement haut de gamme, en ciblant spécifiquement les jeunes actifs du secteur créatif travaillant dans l’Est parisien », explique-t-il. « Chaque chambre est louée entre 850 et 950 € charges comprises, générant un revenu mensuel de 4 500 €. Après déduction des charges et de la gestion confiée à un opérateur spécialisé, le rendement net atteint 5,2%, sans compter les avantages fiscaux liés au statut LMNP qui améliorent encore significativement la rentabilité réelle. »

La clé de sa réussite réside dans l’attention portée à l’aménagement des espaces et à la création d’une véritable communauté de résidents partageant des centres d’intérêt communs. Des événements réguliers (ateliers créatifs, dîners thématiques) renforcent l’attractivité du lieu et fidélisent les locataires, réduisant ainsi le taux de rotation et les périodes de vacance locative.

Diversification des approches et des marchés

L’expérience de Sylvie M., ancienne cadre bancaire, illustre une approche différente mais tout aussi profitable. Plutôt que d’investir dans une métropole saturée, elle a choisi de se positionner sur le marché de Rennes, ville universitaire dynamique où la demande locative est forte mais les prix d’acquisition plus abordables.

« J’ai acquis en 2023 trois appartements dans le même immeuble du centre-ville pour un total de 720 000 € », détaille-t-elle. « Après transformation et mise aux normes, j’ai créé un espace de coliving vertical de 12 chambres, générant 8 200 € de revenus mensuels. Le rendement brut dépasse 10%, un niveau inatteignable en investissement locatif classique. »

Sa stratégie repose sur une segmentation fine de l’offre :

  • Un étage dédié aux étudiants en master avec des loyers modérés
  • Un étage ciblant les jeunes professionnels avec des prestations premium
  • Un étage conçu pour les séjours de moyenne durée (3 à 6 mois)

Cette diversification lui permet d’optimiser l’occupation tout au long de l’année et de s’adapter aux fluctuations saisonnières de la demande. Sur le plan fiscal, elle a opté pour la création d’une SARL de famille, structure qui lui permet d’impliquer ses enfants dans la gestion du projet tout en préparant la transmission patrimoniale dans des conditions fiscales avantageuses.

L’approche collaborative adoptée par Pierre et Marie L. mérite également d’être soulignée. Ce couple d’investisseurs a développé un concept original de « coliving participatif » dans la périphérie de Lyon, en transformant une ancienne maison de maître de 300m² en espace de vie partagé pour 8 résidents.

« Notre particularité est d’impliquer activement les résidents dans la gestion quotidienne et l’évolution du lieu », explique Marie. « Chacun bénéficie d’une réduction de loyer en échange de sa contribution à des tâches spécifiques : entretien du jardin potager, animation des réseaux sociaux, organisation d’événements… Ce modèle réduit nos coûts de gestion tout en créant un sentiment d’appartenance qui fidélise les locataires. »

Cette approche participative a permis au couple d’atteindre un taux d’occupation remarquable de 98% sur les trois dernières années, bien supérieur à la moyenne du marché. Sur le plan fiscal, ils ont opté pour le régime micro-BIC, privilégiant la simplicité administrative pour ce premier projet avant d’envisager des montages plus sophistiqués pour leurs futures acquisitions.

L’exemple de David F., investisseur expérimenté, illustre quant à lui le potentiel de déploiement à plus grande échelle. Après plusieurs opérations réussies en coliving fiscal, il a créé en 2024 un fonds d’investissement dédié, rassemblant une vingtaine d’investisseurs particuliers pour acquérir et exploiter un patrimoine de cinq immeubles de coliving répartis dans différentes villes universitaires françaises.

« La mutualisation des ressources nous permet d’accéder à des opportunités plus importantes et de professionnaliser chaque aspect de la gestion », souligne-t-il. « Nous avons développé notre propre plateforme digitale de gestion et recruté une équipe dédiée, ce qui serait impossible pour un investisseur isolé. Notre objectif est d’atteindre 500 chambres en exploitation d’ici 2030. »

Ces témoignages variés démontrent la diversité des approches possibles en matière de coliving fiscal et illustrent comment, au-delà des aspects purement financiers, ce modèle d’investissement permet de développer de véritables projets entrepreneuriaux créateurs de valeur tant pour les investisseurs que pour les résidents.